ma ville et mon corps interculturels /// 3e édition

par Habitants des images, installation, multimédia, octobre 2020

Statut : Projet mené par Habitants des images, coordonné par Savannah Desmedt, Adèle Jacot et Mélanie Peduzzi
Partenaires : pour l’édition Jette nous collaborons avec le Centre culturel de Jette pour l’organisation des workshops de création, avec l’artiste Pauline Dornat et pour le montage des tutoriels Caszimir Cleutjens
Soutien : la Fédération Wallonie Bruxelles, la Région de Bruxelles Capitale

23 fuseaux de laine brut
13 tutoriels

La troisième édition du projet s’est tenue à Jette, en collaboration avec les Centre culturel de Jette et l’artiste en design textile Pauline Dornat.

Avant le confinement, 3 ateliers ont été réalisés avec un groupe de 19 participant-e-s. Comme à Anderlecht, l’objectif des ateliers était de créer une nouvelle œuvre collective venant s’ajouter à l’exposition, en apportant ainsi de nouveaux regards sur la ville. L’artiste en collaboration sur cette étape, Pauline Dornat, mène le projet 1030Blackwool qui valorise une laine locale, produite à Schaerbeek et de couleur noire. Nous avons fait des cours de filage de cette laine noire, avec des parallèles  entre laine, artisanat, travail de groupe et interculturalité.

Présente sur tous les continents et utilisée depuis des millénaires, la laine est une matière qui rassemble et évoque à la fois des choses différentes pour les membres du groupe. La symbolique du mouton noir est aussi forte lorsqu’elle est mise en lien avec l’interculturalité. Le médium de la laine a permis de mettre en avant des questions sensibles : Que signifie être le mouton noir dans une ville ? Est-ce qu’il est important de faire des choses avec ses mains ? Pourquoi le faire ensemble, en groupe ? Comment se reconnecter aux fondements de notre quotidien (se nourrir, se vêtir, être en lien avec sa communauté,…) ?

L’annonce du confinement a eu pour effet l’annulation du quatrième atelier. Est né alors l’idée de créer des tutoriels avec les participant.e.s. Comment filer à distance ? Mais aussi, comment parler d’interculturalité à distance ? Et surout, comment faire groupe à distance ? Qu’est-ce que le confinement dit de nos modes de vie, de consommation, notre rapport au numérique ?

Chacun.e a été invité à faire un petit tutoriel à partir d’une expérience concrète mais parfois un peu décalée. Car oui, dès le départ il y avait un doute sous-jacent : Peut-on vraiment tout apprendre à distance ? Ne faut-il pas vivre, sentir, regarder dans les yeux, …. pour saisir vraiment l’aspect politique et l’engagement individuel de l’interculturalité ? Digressant du « filage la laine de moutons noirs » à « l’organisation d’une famille en confinement », ou encore « le passage de la peur à la colère », ces tutos captent les aspirations de 13 participants à la sortie du confinement de mars à mai 2020.

Être en groupe, toucher la laine, c’est devenu synonyme de danger. Mais n’est-ce pas aussi renforcer son immunité ? Par le contact à l’altérité en renforçant ses résistances naturelles à différents milieux, et en étant tout simplement… plus heureux et détendu !?