comment habiter ensemble demain ?

par Habitants des images, écriture, Journal intime de quartier, multimédia, octobre 2020

Statut : Projet mené par Habitants des images, coordonné par Adèle Jacot et Mélanie Peduzzi.
Partenaires :  Bibliothèques de Watermael-Boitsfort, Front Rendre Visible l’Invisible, Le Pivot asbl, Vivre chez soi asbl, la Maison des Jeunes de Watermael-Boitsfort, CEC la Vénerie asbl
Soutien :  Loterie Nationale, Commune de Watermael-Boitsfort, CEC la Vénerie asbl

 

COMMENT HABITER ENSEMBLE DEMAIN ?
Journal intime de quartier n°6
Parler les poches vides n°2
6 livrets thématiques et leurs affiches

Ce journal a démarré avec la préparation au 17/10/19- Journée de lutte contre la pauvreté. C’est un journal très généreux et investi par plus d’une centaine de voix et présences. C’est un journal d’action, de rencontres, d’affiches à placarder, de mesures politiques, de recommandations pour le quartier, de rêves, de paroles lancées et saisies au vol… Plus que jamais avec cette période de confinement, la création artistique doit naitre et vivre dans le réél.

« Avant on comptait 1 pauvre sur 4 bruxellois.e.s, maintenant c’est 1 sur 3 ! Ce journal, c’est Parler les poches vides n°2. Après la première édition de 2018, où en est-on sur les questions de pauvreté à Watermael-Boitsfort et au-delà ?

Nous sommes le comité de rédaction. Ce comité est constitué tout d’abord par le groupe Parler les poches vides : des habitant.e.s de Watermael-Boistfort, qui vivent la précarité ou non, mais tout.e.s engagé.e.s contre les inégalités. C’est Béatrice, Christine, Françoise, Georges, Jeannine, Kodjo, Marie-Anne, Younès. Il comprend aussi l’ASBL Habitant.e.s des images qui accompagne le processus de réflexion et de création autour du journal avec son expérience des projets qui relient art, social et politique. Pour finir (ou pour commencer), il comprend aussi le réseau des Bibliothèques de Watermael-Boitsfort, qui, à partir des habitants, de ce qui les met en action et fait sens pour eux, devient un lieu de fabrique d’une culture écrite à plusieurs, avec des voix qu’on entend peu d’habitude. Nous avons oeuvré avec beaucoup de partenaires que vous rencontrerez au fil des pages. Et on peut aussi souligner en particulier notre participation au Front bruxellois Rendre Visible l’Invisible – pour l’éradication de la pauvreté – qui a donné une impulsion à tout le journal. Il y a aussi quelqu’un d’important à vous présenter : le risographe. C’est une sorte de photocopieuse avec des encres aux couleurs très vives qu’on a pu acheter avec le soutien de La Loterie Nationale.

Nous on se dit : « La Loterie, c’est pour gagner de l’argent puis les bénéfices sont investis dans des projets sur la pauvreté comme le nôtre. Il y a quelque chose d’assez étrange là-dedans. Le voyage des billets de banque… » Les familles du Pivot ASBL d’Etterbeek, qui ont aussi participé à la fabrication de ce journal, ont ajouté : « On donne de l’argent à des associations pour parler de la pauvreté, mais il faudrait plutôt agir!»

Alors dès le début, en automne 2019, c’est ce qu’on a décidé de faire ensemble : aller plus loin que l’écriture. Des grandes rencontres et des affiches à répandre dans les quartiers : c’est l’ossature du journal. C’est aussi ce qui fait que ce journal est dense et complexe.

On pourrait presque dire qu’il y a 6 journaux en 1 cette année. En fait, 4 livrets sont issus de rencontres : les rencontres SOCIAL-CLIMAT avec le front Rendre visible l’invisible, la rencontre RICHES-PAUVRES sur le marché de Watermael-Boitsfort place Wiener, la rencontre PAUVRES-PAUVRES le soir de la Saint-Valentin, la rencontre VIEUX-JEUNES dans la maison des jeunes de Watermael-Boitsfort. Puis on a décidé de réaliser un livret pour parler spécialement aux travailleur.euse.s du monde social : le livret PROFESSIONNELS-BENEFICIAIRES. Et enfin, un dernier qui nous tient à coeur : le livret pédagogique PAUVRES-JEUNES pour sensibiliser à la pauvreté, faire réfléchir, savoir se défendre. Ecrire, débattre, c’est l’espoir et l’envie qu’ensemble on puisse améliorer les choses. C’est beaucoup beaucoup d’énergies déployées : ça épuise mais ça donne aussi une grande force !

Le contenu du journal a été réalisé de septembre 2019 à mars 2020. Sa parution devait avoir lieu le 1er avril 2020. Beaucoup de blagues à ce sujet… et BAM en mars tout est chamboulé dans la dernière ligne droite ! Maintenant on est en septembre 2020 et on relit ce journal écrit avant toute cette sacrée histoire de COVID-19, tout ce qu’on a vécu de solidaire et solitaire et qui nous a marqué.e.s. Ça nous pose des questions, et on vous les transmet à notre tour.

Alors qu’on devait boucler le journal, on s’est vite rendu compte que le confinement modifiait profondément notre manière de travailler. La question collective est devenue une vraie préoccupation. Le fait de ne pas pouvoir se rencontrer ça a bouleversé notre processus, c’est très important de le dire. On s’est rabattu.e.s sur une autre façon de s’organiser, plus traditionnelle, en petits comités, plus dans les mains de celles et ceux qui organisent ou coordonnent le travail, qui communiquent par mail… Ça chamboule la cohésion générale, ça demande du temps par après. Des fois on perdait un peu le sens avec toute cette matière récoltée, seul.e.s devant nos ordis… Alors que quand on est ensemble, qu’on discute, ça paraît beaucoup plus motivant. Être créatif, collectif… c’est très difficile en confinement ! En fait c’est même pas difficile, c’est une aberration ! Ça coupe le relationnel. Ça devient du collage. Même pour les rencontres du front Rendre visible l’invisible, on a vu que c’était difficile d’être fort.e.s.

Là, on espère que la parution du journal va pouvoir être collective, mais c’est un espoir pour le moment. Même pour la lecture des journaux ça pose question. Pour la première édition, les gens du quartier ont reçu le journal soit après un débat qui incluait le comité de rédaction, soit de main à main : ça donne plus envie de le lire. Si tu reçois le journal juste par la poste ou en numérique, tu y accordes moins d’importance que si quelqu’un te l’a donné.

Et puis l’expérience du confinement nous fait voir les thèmes des livrets sous un jour nouveau : le social, le climat, l’espace public, l’alimentation, les privilèges, le logement, …

A vous de vous emparer de ce riche contenu pour en produire des paroles et des actes autour de vous… Bonne lecture ! »

Le comité de rédaction